Du théâtre pour célébrer la fraternité en marche

16 juin 2016

Le 5 juin dernier, le Secours Catholique de Bretagne a fêté ses 70 ans sous le slogan « fraternité en marche : tous acteurs ». 4 000 personnes se sont rassemblées au sein du parc des expositions de Pontivy.

Parmi eux, 15 bénévoles sont devenus acteurs d’un jour en montant sur scène pour jouer des saynètes théâtrales sur la solidarité. Jacques Faucon, comédien professionnel est le metteur en scène de ce projet. Il répond à nos questions et nous dévoile ainsi les coulisses de l’événement.

Aviez-vous déjà réalisé un projet similaire ?
Depuis de nombreuses années, j’accompagne des groupes très divers dans l’écriture et le montage de saynètes, de spectacles complets. Le défi, ici, était de réaliser la co-écriture, la mise en scène, les répétitions en 5 séances seulement.

Combien de personnes ont participé à l’aventure ?
Quinze personnes ont construit et joué ce spectacle. Lors des séances et des jeux théâtraux, nous avons eu le plaisir d’accueillir des invités, des curieux….je ne saurais pas dire combien.

Est-ce que ces personnes avaient déjà fait du théâtre ?
Il s’agissait d’une première pour une grande partie du groupe. D’autres, ont eu l’occasion de vivre des ateliers et même des représentations.

Le point commun de ces personnes volontaires ?
L’envie. Une envie évidente de vivre un projet fort en émotions. La fraternité, sujet de travail du groupe, se vivait et s’appliquait à chaque instant. Le lien établit entre chaque membre du groupe a généré une force collective palpable le jour de la représentation.

Comment se structuraient vos ateliers de théâtre avec le groupe ?
Chaque séance débutait par un travail de dynamisation ludique, ensuite, je tenais à ce que nous soyons en mouvement et où les corps racontaient un bout d’histoire. L’essentiel de l’atelier se focalisait sur les quatre saynètes à élaborer et répéter. J’ai fait en sorte que le groupe joue avec plaisir cette partition et qu’il y ait du plaisir à rencontrer l’autre au travers des situations.

Comment ont été écrites les saynètes ?
Comme je le disais, Antoine a fait germer des pistes et quatre équipes ont travaillé sur quatre thématiques: la fraternité internationale, agir sur les causes, la fraternité qui transforme, de l’individuel au collectif. Ensuite, nous avons utilisé l’improvisation comme outil d’écriture. Une fois la matière recueillie, nous avons choisi ce qui nous semblait pertinent pour illustrer le propos. 

La répartition des rôles ?
Lors des premiers travaux de groupes chaque acteur a pu éprouver des sensations dans le personnages qui apparaissait. Au fil des répétitions, les rôles se sont ajustés assez naturellement en fonction des envies, des besoins. 

Que racontaient les saynètes qui ont été jouées ?
Ici une relation skype entre une bénévole en Bretagne et une femme menant un projet de maraîchage au Sénégal, là un trio de personnes démunies face aux difficultés du quotidien, là encore, le parcours étonnant d’une femme désoeuvrée qui va reprendre goût à la vie, là enfin, une femme en grande précarité à qui la vie va offrir une seconde chance… On a vu dans ces saynètes le travail de lien, de mise en réseau et d’accompagnement qu’effectue le SCCF.

Une heure avant de monter sur scène, comment gérer le trac des comédiens amateurs ?
En dansant et en chantant. Imaginez un parc des expositions chauffé à blanc avec 4000 personnes déchaînées. Le trac est très vite devenu un stimulant jubilatoire.

Comment a réagi le public face aux saynètes jouées ?
Je crois que le public était conscient de la prouesse que les acteurs livraient. Les applaudissements nourris à l’issue des saynètes en disaient long.

Ce que vous avez ressenti quand les comédiens sont montés sur scène ?
Deux sensations paradoxales: l’impatience, l’envie de dérouler notre travail et en même temps, l’envie de freiner le temps pour que chacun imprime au plus profond, la sensation de plaisir, le plaisir du jeu et de la rencontre avec le public. 

Un moment fort, une anecdote à nous faire partager ?
Lors du  filage du samedi après-midi, le groupe découvrait la salle, les lieux, des chaises à perte de vue, les écrans géants et les micros serre-tête! Cette contrainte technique de 15 micros en même temps, de la voix qu’on entend plus normalement, est venue perturber le jeu et le placement de la plupart des acteurs. Avec un travail sur soi, des efforts énormes pour apprivoiser l’objet, le groupe a réussi à s’en affranchir… En 24 heures, la fragilité a laissé place à l’assurance. J’ai été impressionné. 

Une dernière chose à ajouter ?
Je pense tout particulièrement à une personne qui a tout porté, anticipé le moindre problème, mis de l’huile pour que tout fonctionne et qui a simplifié l’organisation de ce projet pour que, sans cesse, on puisse travailler sur le fond. Je tiens vivement à remercier Agnès de Guibert.

Retours sur l’événement via fil de twittos : https://storify.com/Sandrine_Onair/a-pontivy-pour-les-70-ans-du-secours-catholique

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